"Une entreprise de démolition des femmes"
Une conférence-débat a eu lieu il y a quelques temps sur le sujet : http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/03/Pr%C3%A9sentation1.pdf
A voir ici, pour le plaisir des commentaires : http://www.feministes-radicales.org/2012/03/13/une-entreprise-de-demolition-des-femmes/#comments
A bientôt.
Pour les anglophiles
J'ai découvert il y a quelques temps l'existence de ce site à suivre : http://antipornfeminists.wordpress.com/
Voici également le groupe lié à la campagne.
"De l'inutilité de rechercher la "pornographie féministe""
"J'étais Chez Deuce avec Pisaquari l'autre nuit quand on a décidé de faire une petite expérience avec Google. Vous voyez, malgré le fait d'avoir par le passé posé un challenge à mes nombreux apologistes de la pornographie en leur demandant de produire un exemple de pornographie "féministe" (ou au moins non misogyne), je n'ai pas encore eu l'occasion de voir une de ces licornes moi-même. Je n'attache pas vraiment d'importance au fait d'en voir réellement un jour, puisque je n'ai pas besoin que d'autres gens me disent à quoi penser pour me masturber, mais j'aimerais avoir des preuves quand les gens passent leur temps à clamer que toute la pornographie n'est pas nécessairement chargée de haine des femmes. Je ne comprends pas vraiment non plus pourquoi les gens - spécialement des féministes - passent tant de temps et d'énergie à discuter trois pauvres films féministes qui pourraient éventuellement exister tout en ignorant les trois milliards et quelques images pornographiques misogynes qui existent bel et bien, elles.
Alors on a googlé "pornographie féministe" pour voir ce qu'on allait trouver. On a obtenu 322 000 résultats, dont la majeure partie étaient des discussions par des féministes autour de la question de la possibilité et l'existence d'une pornographie féministe, à côté d'un très, très petit nombre de sites prétendant offrir de la pornographie "pro-femmes". Sur la première page de résultats, il n'y en avait que deux qui contenaient de la pornographie ou un lien vers de la pornographie, et il n'y en a pas eu d'autre avant la cinquième page de résultats. À partir de là, je n'ai rien vu d'autre et j'en ai finalement eu assez de voir les mêmes résumés de résultats encore et encore : recyclage du bon vieux débat "la pornographie féministe est-elle une oxymore" et des interviews de femmes qui clament être à la fois féministes et porn stars. Intéressant.
Nous n'avons pas exactement été choquées par les résultats, bien que je crois que nous avons été un peu surprises qu'il n'y ait que trois sites en cinq pages prétendant offrir de la pornographie féministe. Je veux dire, je sais que la majorité de cette soi-disant pornographie féministe ne mérite tellement pas ce nom que c'en est comique, mais je supposais tout de même qu'il y aurait plus que trois site en cinq pages feignant d'atteindre ce but. Nous avons décidé de comparer ces résultats avec d'autres termes de recherche pour des variétés de pornographie de niche dont nous supposions qu'elles auraient un nombre de résultats similaires.
On a googlé "porno viol". On a eu 1 860 000 résultats, et la première page tout entière, en dehors d'un lien vers l'article Wikipedia sur la pornographie représentant des viols par des tentacules, était faite de liens offrant du viol pornographique. Sur les cinq premières pages, chacun des résultats sauf trois était un site pornographique sur le viol. Quelques citations : "des jeunes salopes adolescentes qui pleurent dans des films violents de viol !", "des gonzesses qui pleurent en se faisant pénétrer les trous par d'innombrables mecs à la suite ou même en même temps - le tout sans leur consentement, dans les inimitables vidéos de viols collectifs !", "violez ces salopes tellement durement qu'elles saignent de leurs trous du cul tordus et de leurs chattes maltraitées".
On a googlé "porno brutale". On a eu 2 810 000 résultats, et chacun des résultats dans les cinq premières pages, sauf une histoire dans le journal à propos d'une alarme sur la pornographie brutale avec des enfants, était un site offrant des trucs du genre "sexe brutal, baise la dans la gorge et dans la gueule" et "parmi la pornographie la plus flippante sur le net".
On a googlé "porno chien". On a eu 47 600 000 résultats, et à part quelques articles à propos d'un acteur porno qui avait tué un chien et un crétin demandant ce qui se passerait si son chien regardait de la porno sur Yahoo! Questions, l'intégralité des cinq premières pages était faite de sites offrant des choses comme "des chiens baisent des chattes mouillées. énorme bite de cheval dans une chatte d'adolescente" et "des chiens qui baisent des filles, femmes qui boivent du sperme animal, éjaculation bestiale".
Soupir. Au nom de dieu. Pouvons-nous faire face aux putains de faits, S'IL VOUS PLAIT ? Il y a presque six fois plus de sites pour "porno viol" qu'il n'y en a pour "porno féministe", près de neuf fois plus de résultats pour "porno brutale", et près de cent quarante-sept fois plus de résultats pour "porno chien". Dans les trois cas, les premiers résultats étaient tous des sites offrant des images de femmes brutalisées, violées, ou baisées par des animaux, sans aucun article, post de blog, ou interview avec qui que ce soit qui puisse penser qu'il y a un problème avec l'existence d'une propagande qui apprend aux hommes et aux garçons que les femmes et les filles sont des sous-humains et disponibles pour être violées. Je sais comment l'optimisation des moteurs de recherche fonctionne, mais je sais aussi que le nombre de fois où les gens cliquent sur un certain site en relation à un terme de recherche donné joue un rôle dans la position de ce site dans les résultats pour les futures recherches sur ce terme.
Savez-vous ce que cela signifie ? Personne ne clique sur les sites qui disent offrir de la pornographie féministe. Des tas de gens cliquent sur des sites qui offrent de la pornographie sur le viol. Si la pornographie féministe existait réellement, cela ne changerait rien, parce que personne ne cherche de la pornographie féministe et personne n'a envie de savoir à quoi ça pourrait ressembler parce que les gens ne regardent pas de la pornographie pour voir deux égaux qui s'éclatent. Pendant que nous perdons notre temps à argumenter sur l'existence ou non de la pornographie féministe, sur la possibilité qu'une féministe soit dans la pornographie mainstream sans être virée du club, sur la possibilité des femmes à participer à la production de porno mainstream et de continuer à se dire féministes, etc., les hommes produisent et consomment assez de pornographie brutale pour nous noyer toutes dans un marécage purulent de misogynie. Ce ne sont pas des hommes dont ces sites proclament que nous allons les voir se faire baiser par des ânes, violer analement collectivement, baiser brutalement dans la gorge, et couverts de foutre. Ce sont des femmes, et ce sont les femmes qui doivent vivre dans un monde saturé d'images de femmes dégradées, dévaluées, déshumanisées, et méprisées. Qu'est-ce qu'on en a à foutre, dans ce contexte, si deux ou trois geeks tatoués du club de théâtre, au QI de 115 et adorateurs de zombies pensent qu'ils ont trouvé un moyen de faire une vidéo de deux personnes qui baisent n'impliquant pas que la femme soit traitée de pute ?
Nous devions essayer de trouver quelque chose d'encore plus sophistiqué que la porno féministe. On a essayé "porno pizza" (3 190 000 résultats) et on a obtenu un combo de photos de pizzas avec des saloperies ridicules dessus et des sites parlant d'introduire des "salopes" à de "grosses saucisses". On a essayé "porno rodéo" (748 000 résultats) et avons trouvé des sites montrant des femmes chevauchant des taureaux et baisées par des rednecks. Alors, évidemment, on a essayé "porno redneck" (725 000 résultats) et avons découvert qu'il y a des milliers de sites qui mélangent l'inceste entre cousins et la chasse aux daims pour en faire un super moment. On a essayé "porno clochard" (1 050 000 résultats), "porno flic" (2 730 000 résultats), "porno emo" (2 920 000 résultats), "porno pet" (1 680 000 résultats), "porno merde" (6 490 000 résultats), "porno fraternité" (387 000 résultats), et "porno vomi" (1 620 000 résultats). Il semblait impossible de trouver un genre pornographique qui ait généré moins d'intérêt que la pornographie féministe, quand finalement nous sommes tombées dessus. La porno de concierge ! (NDT : janitor en anglais, soit concierge au masculin) Seulement 239 000 résultats ! Mais pour être juste avec les concierges et les amoureux de la porno avec des concierges, il y avait un certain nombre de vrais sites pornographiques avec des clips du genre "un concierge prétend être riche donne de la fausse vodka à des SALOPES pour du sexe en groupe" parmi les cinq premières pages de résultats, alors même si "porno concierge" peut générer moins de résultats que "porno féministe", il pourrait en réalité y avoir plus de porno avec des concierges qu'il n'y a de pornographie féministe (en fait, je suis sûre que c'est le cas, puisque j'ai désormais vu de la porno de concierge alors que je n'ai toujours pas trouvé de porno féministe).
Prenons un peu de perspective, hein ? Quand quelqu'un passe 99% de son temps à défendre 0.0000001% d'une industrie tout en évitant de se confronter aux 99.9999999% de l'industrie qui ont des effets réels sur les vies des femmes, cette personne a l'air un peu délirante/défensive/malhonnête. Lâchez l'affaire. Admettez que vous savez que la pornographie est mauvaise pour les femmes et que vous l'utilisez, y participez, ou en profitez malgré tout. Vous ne trompez personne, et je doute même que vous vous trompiez-vous même".
Traduit par Neige, source : http://rageagainstthemanchine.com/2010/12/20/get-on-the-fucking-ball-janitors/
"Les dommages de la pornographie gay masculine"
"Un rapport sur la présentation de Christopher Kendall à la conférence de 2005 CaptiveDaughters sur la pornographie et le trafic du sexe à l'international. Kendall est un professeur de droit à l'Université Murdoch à Perth, en Australie, et l'auteur du livre Pornographie gay masculine : un problème de discrimination sexuelle.
Les dommages de la pornographie gay masculine : une perspective d'égalité des sexes
Kendall a réduit avec efficacité une zone accablée d'identités politiques compliquées à son unité la plus basique, les contenus effectifs de la pornographie gay masculine. La majeure partie de son discours s'est concentrée sur les problèmes soulevées dans la Cour suprême du Canada en 2000 sur le cas "Little Sisters Book and Art Emporium v. Canada". Plusieurs groupes gays et lesbiens, incluant un directement impliqué dans la volonté de faire reconnaître à la loi canadienne les dommages de la pornographie hétérosexuelle il y a quelques années, ont tenté de justifier la pornographie gay comme libératrice et partie intégrante de la construction d'identités gays saines. La Cour suprême du Canada a décidé unanimement que le simple fait d'être de la pornographie gay ne rend pas ses descriptions égalitaires ou sans dommages.
La clé de son affaire était de donner des exemples spécifiques et d'examiner ce qu'ils suggéraient à propos de la sexualité gay masculine. Si la pornographie gay est de la liberté d'expression, suggère Kendall, alors à quoi ressemblerait une paraphrase de cette expression ? Il s'avère que cela ressemble beaucoup à la même bonne vieille pornographie pour hétérosexuels : homophobe et humiliante, érotisant la domination et sexualisant la violence entre l'hypermasculin "dessus" et le féminisé "en dessous". Au lieu de casser la binarité de genre hétéronormative, la pornographie gay renforce les rôles sexués oppressifs sans porter attention au genre effectif des participants.
Voici deux exemples que Kendall a donné :
Dans Manscape Magazine,
"J'ai rapproché ses pectoraux charnus l'un de l'autre. Ils enveloppaient parfaitement ma bite pendant que je commençais à lui baiser les seins comme une gonzesse. Ses pectoraux durs, gonflés, serraient ma viande comme un étau. De toutes les choses que je lui ai fait cette nuit là je crois que c'est ce qu'il a le plus détesté. Ca l'a fait se sentir comme une fille."
Dans Advocate Men, dans une scène où des hommes hétérosexuels convainquent un autre homme hétérosexuel de violer un homme gay,
"Il a une chatte bien, bien serrée, mec", m'a dit Phil. Il a libéré sa main et a mis une claque dans le dos de Saul. "Penche toi et montre lui ton cul chatte".
De cette façon, les homme gays féminisés sont les sujets dont le viol, la maltraitance et la dégradation sont là pour remplacer les rôles habituels des femmes dans la pornographie. La masculinité traditionnelle est glorifiée et la féminité est un instrument d'abus. Les hommes prédateurs, violents, atteignent l'habituelle position de supériorité masculine en maltraitant les hommes moins masculinisés pour rendre clair lequel des deux est la "salope" ou la "chatte" et lequel ne l'est pas. De telles descriptions pornographiques promeuvent l'inégalité et la soumission comme modèle de prédilection pour la sexualité masculine gay et renforcent l'homophobie et le racisme.
La critique de Kendall des supposés effets libérateurs de la pornographie masculine gay ont continué avec des observations sur l'intersection des identités de genre et de race. Dans la pornographie hétérosexuelle la hiérarchie de dominance est évidente du fait des hommes et des femmes décrits ; avec le mélange de genres nous savons tous qui est au dessus et qui est en dessous, l'alpha et le beta. Alors que certains scénarios renforcent les rôles traditionnels, placer les scènes dans des contextes thématiques n'est pas autant nécessaire avec la pornographie hétérosexuelle qu'avec la pornographie gay. Avec deux hommes, deux alphas, la question de comment décider lequel assume le rôle de beta est plus compliqué. L'identité de race est la méthode la plus commune que la pornographie gay masculine utilise pour décider qui est l'"homme" et qui est la "femme".
Quand la pornographie hétérosexuelle décrit les femmes asiatiques dans des stéréotypes racistes sexualisés, la pornographie gay en fait autant en présentant les hommes asiatiques comme physiquement plus petits, inférieurs serviles ne rêvant que de faire plaisir. Les hommes noirs sont communément décrits comme des agresseurs animalesques avec des pénis énormes qui essaient de violer les hommes blancs ou qui expriment le désir de se soumettre sexuellement à leurs maîtres blancs. Les hommes hétérosexuels, blancs, de classe moyenne sont au sommet de la hiérarchie de la pornographie que l'audience prévue soit gay ou hétérosexuelle.
Beaucoup de féministes ont tenté pendant des années d'aider les gens à comprendre comment le viol n'est pas tellement une question de sexe mais plutôt une question d'érotiser et d'abuser du pouvoir genré, et certaines féministes ont essayé de montrer que les prémisses de base de la pornographie ne sont pas très différents d'autres aspects de la culture du viol. L'image de la pornographie gay masculine qui émerge des investigations de Kendall est une image concentrée plutôt sur la violence, la cruauté et le pouvoir sur les autres, que sur l'exploration de sexualités alternatives basées sur l'intimité, la dignité et le plaisir mutuel".
Traduction de l'anglais : Neige
Source : http://johnstompers.com/2005/08/the-harms-of-gay-male-pornography-a-sexual-equality-perspective/
"Peins-moi un tableau"
Quand tu me regardes, qu'est-ce que tu vois ?
Le pornographe te peint un tableau :
Mes seins, nus pour ton plaisir
Mes jambes, écartées pour montrer que j'en veux
Mon vagins, ouvert pour ta jouissance
Mon anus, lubrifié et prêt
Ma bouche, peinte en rouge, lèvres légèrement écartées.
Allumeuse
Qui attend, attend tout entière,
D'être comblée, de te servir,
De servir ta bite.
Crois-tu que tu me voies tout entière ?
(Et je ne parle pas des gros plans)
Ou est-ce que tu vois seulement les "trous" en moi ?
Il te montre mon intérieur - l'anatomie
Mais il ne veut pas que tu voies mon véritable intérieur :
C'est caché
Recouvert de peinture.
Laisse moi te peindre un autre tableau.
Je suis un être humain
Qui avait des espoirs et des rêves
Avec une famille, une histoire.
Qui ressent et pense et mange et dort
Et chie
Comme n'importe quel autre.
Peut-être que tu ne me connais pas
Mais tu ne peux pas te permettre de resté détaché.
Si j'étais ta soeur
Ou ta mère
Me traiterais-tu de la même façon ?
Pourrais-tu me traiter de la même façon ?
Comment te sentirais-tu, sachant
que d'autres hommes font de l'argent sur moi
Ont fait des appréciations sur moi
Ont mis un prix sur moi ?
Que d'autres hommes achètent mon corps
et se branlent sur moi
Peut-être cet homme dans la rue
Ou celui-là ?
Je vis avec ça chaque jour.
Laisse moi te peindre un tableau
Un instantané de mon monde
Un jour dans ma vie
Sans censure
Sous l'épaisseur de maquillage
Il y a des cercles noirs autour de mes yeux
Je ne dors pas bien la nuit
Sachant ce qui m'attend -
Une autre journée à me déshabiller
et à poser et à faire la moue
et à faire semblant que j'aime ça
veux ça
suis ça
Sur mes mains et mes genoux
Exposée
Dégradée
Comme ces hommes me donnent des instructions
Me dirigent
Me poussent
À des choses toujours plus explicites, toujours plus douloureuses.
Dignité
Humanité
Respect de soi
Disparus depuis longtemps
L'alcool et les drogues
Le besoin désespéré d'argent
Pour un fix
Qui me piège ici
Ma haine de moi
et l'homme qui l'alimente
Qui m'a frappée
et m'a violée
et m'a vendue
et a vendu cette image de moi
à moi :
Une rien
Un ensemble de trous
Une salope stupide
Qui a sa place ici
et ne mérite rien de plus
que ton rire
ton mépris
tes fluides corporels
Les vérités dégoûtantes
n'ont pas leur place dans le tableau
que tu décides de voir.
Mais c'est mon tableau
Ma raison d'être ici
Toujours présent
Mais caché de toi si facilement
Avec ta complicité
Derrière le maquillage
Derrière le sourire.
Je te vois, riant de moi
ou commentant mon corps
et te branlant sur moi
Là piégée dans mon existence à deux dimensions
Toi et ton discours sur les droits et les choix !
Mais me vois-tu ?
Vas-tu me voir ?
Je veux que tu me voies
Le tableau entier
Et que tu n'achètes plus jamais
Cette fausse image
L'image du pornographe.
Angel K (version française de Surviving prostitution and addiction).
Source : http://survivrealaprostitution.blogspot.com/
"Take Back our Walk (Ne laissons pas les industriels saloper notre lutte)".
A lire ici.
"La pornographie entraîne une grande augmentation d'opérations de chirurgie esthétique chez les femmes"
Plus de 2000 femmes ont pu se faire opérer aux frais du National Health Service (NHS) l’année passée tandis que des milliers d’autres ont demandé des traitements privés…
Des chercheurs ont découvert que la demande pour la chirurgie génitale féminine – appelée « design du vagin » - a été multipliée par 5 en une décennie bien que la plupart des femmes n'en aient pas besoin.
Les chercheurs déclarent que les chirurgiens qui traitent les femmes lorsqu’il n’y a pas de nécessité clinique pratiquent un type de mutilation des parties génitales féminines par ailleurs interdit en Grande Bretagne.
La hausse du nombre de femmes en quête de cette opération, qui consiste à réduire la taille des petites lèvres à l’entrée du vagin, est alimentée par des images pornographiques sur Internet et dans des programmes TV parlant de chirurgie esthétique, ces derniers ayant attirés l'attention des femmes sur leur zone génitale.
La première étude au sujet de 33 femmes en demande d’opération et dont l’âge moyen était de 23 ans a pu conclure qu’elles possédaient des lèvres de taille normale. Seules trois d'entre elles avaient une asymétrie significative pour laquelle une chirurgie serait appropriée. Mais 40% d’entre elles désiraient tout de même l’opération, principalement parce qu’elles voulaient réduire la taille de leurs lèvres afin d'"améliorer leur apparence". Plus de 2000 opérations ont été pratiquées sur des femmes sur le compte du NHS l’année dernière, tandis que des milliers d’autres ont été estimées comme ayant été pratiquées en privé.
Sarah Creighton, de l’hôpital Elizabeth Garret Anderson à Londres, a dirigé l’étude publiée dans le Journal anglais de l’Obstétrique et de la Gynécologie. Elle a dit que sans preuve de nécessité clinique, il n’était pas possible de faire une différence entre cette pratique et l’excision pratiquée dans d’autres cultures, qui est interdite en Grande-Bretagne. Elle a déclaré : « Elle n’a pas été testée légalement et personne n’a été poursuivi en justice. Mais la question est de savoir si l’opération a été pratiquée pour des fins non-médicales, et je crois que ça l'est. Dans ce cas, il est difficile de voir comment ça pourrait être autre chose que culturel. Des chirurgiens diront que la femme était inquiète, qu’elle ne pouvait pas porter de jeans, ou rouler à vélo ou avoir des rapports sexuels parce qu’elle se plaignait de ne pas être à l’aise. Mais personne n’a jamais dit que la chirurgie pouvait changer cela. »
Les femmes ont été « bombardées d’images suggérant qu’elles n’étaient pas normales », y compris depuis des sites de publicité pour la chirurgie génitale féminine, qui présentaient des images idéalisées du vagin parfait, dit-elle. Des enfants aussi jeunes que 11 ans y avaient été placées comme références par leurs médecins généralistes. Pourtant, les organes génitaux continuent à se développer à l’adolescence et toute asymétrie initiale peut s'estomper avec le temps.
Certaines études ont suggéré que la chirurgie peut réduire la sensibilité, ce qui pourrait affecter la fonction sexuelle. Des récepteurs d’œstrogènes ont été récemment découverts au bord des lèvres potentiellement ôtées par ce type d'intervention.
Les chercheurs ont critiqué les organismes professionnels, dont le Collège Royal des Obstétriciens et des Gynécologues, pour avoir omis de donner des indications au sujet du contexte dans lequel il est approprié d’offrir un traitement aux femmes.
… pendant que les hommes optent pour de faux abdominaux.
Le dernier acte de chirurgie esthétique connue pour attirer l’attention du public (ou du moins celle des spectateurs de Celebrity Big Brother) est celui d'arborer de faux abdos.
Affichés avec une fierté qui laisse songeur par le participant Darryn Lyons – qui investit dans la firme qui lui a fait le traitement, l’effet est créé par la production de rainures dans la graisse qui recouvre le torse via liposuccion, dans le but reproduire les tendons du muscle à l’intérieur.
Le consultant en chirurgie plastique Kevin Hancock a raconté à The Independent : « Ça ne va pas être ferme comme des abdos normaux, ça va juste être doux comme de la graisse normale. C’est une illusion et on se demande ce qui va se passer au fil du temps. Ça durera peut être le temps de sa célébrité, en présumant qu’elle ne sera pas terriblement longue. »
Rob Hastings (traduction : Aurélie Leruth)
Source > http://www.independent.co.uk/
Une libération toujours aussi "pseudo"...
[...] Chacun en profite pour s'indigner du déferlement de la pornographie et des déballages de nus (féminins) comme s'ils étaient des signes évidents d'une véritable révolution sexuelle. Ils sont bien au contraire la preuve que l'esclavage de la sexualité féminine se renforce. [...]
La pseudo-libération sexuelle
Dans ces conditions, comment parler sérieusement de libération sexuelle ? On prend pour libération de timides germes d'évolution. Une preuve incontestable de leur inefficacité, c'est que la prostitution, le viol, la pornographie continuent à exister. Les modèles en sont pas fondamentalement remis en cause.
En effet, il faut absolument dénoncer la confusion inadmissible entretenue dans les journaux et à la radio par les autorités conservatrices entre la pornographie et les revendications sexuelles.
Or, liberté sexuelle et pornographie sont deux notions opposées, qui s'excluent mutuellement. Loin d'être un signe de liberté sexuelle, la présence de la pornographie témoigne au contraire de l'aliénation et de l'esclavage de toute notre sexualité.
A tous les niveaux, la différence apparaît entre ces deux notions. La pornographie est une marchandise qui se vend (livres, films, etc.) ou sert à faire vendre (quand elle apparaît dans la publicité). Ce commerce s'effectue avec la bénédiction des autorités en place (tout comme la prostitution). Au contraire, les manifestations du désir de liberté sexuelle (le tract du docteur Carpentier, par exemple) échappent à la société du fric. Elles sont gratuites. Elles n'en font pas moins scandale.
La pornographie s'adresse à un public mâle et adulte. La liberté sexuelle, au contraire, est revendiquée par les jeunes et par les femmes. L'information sexuelle, qui a un but éducatif, est refusée aux jeunes. La pornographie, qui est théoriquement destinée aux adultes, n'a pas de but éducatif. La liberté sexuelle est revendiquée par toutes celles et tous ceux qui prétendent vivre leur sexualité. La pornographie est à l'usage de ceux qui ne vivent plus, ou n'ont jamais vécu, qui sont incapables de nouer des relations avec les êtres qui les entourent, et ne peuvent trouver de satisfaction que dans le voyeurisme.
La pornographie nous montre, ou nous décrit :
- Des morceaux du corps féminin, ce qui suggère chez le voyeur, ou le lecteur, que la femme n'est qu'un objet soumis grâce auquel il pourra se masturber ;
- Des femmes enchaînées, fouettées, maltraitées, ce qui flatte manifestement les tendances sadiques du voyeur-lecteur ;
- Des relations sexuelles où toujours des tiers apparaissent, ce qui flatte plus subtilement le sadisme du consommateur.
Les adultes actuels ont été, en majorité, dans leur jeunesse, victimes de la répression sexuelle, n'ont eu droit à aucune information en matière de sexualité. Comment donc ont-ils fait leur éducation ? Dans la plupart des cas, la répression de la sexualité chez l'enfant (interdit de la masturbation, des jeux sexuels... etc.) ne suffit pas à étouffer les désirs. Mais cette répression conduit l'enfant ou l'adulte à associer sexualité et culpabilité. Ces instinct refoulés réapparaissent plus tard, sous des formes malades, liées aux besoins de se punir soi-même ou de faire souffrir le partenaire. Ce mécanisme est extrêmement répandu, à des degrés divers, dans toute la sexualité masculine.
Donc la pornographie, qui ne sert qu'à flatter les instincts malades de toute une partie de la population, ne peut en aucun cas être prise pour une libération. Elle n'est qu'une drogue, qui enfonce de plus en plus les individus dans leur solitude et leur impuissance.
La pornographie, tout comme la prostitution, n'est qu'une des manifestations de la sexualité asservie, dans un monde régi par la double morale hypocrite, dont l'une des faces est rigide et répressive (à l'usage des femmes et des enfants), et l'autre face, qu'on essaie pudiquement de cacher, est exclusivement réservée aux hommes.
Nous, les femmes, ne sommes pas concernées par la pornographie. Nous ne savons même pas ce qui serait érotique pour nous, on ne nous a jamais laissé en décider. Il est admis que seul le corps des femmes est excitant. Les hommes n'ont paraît-l pas besoin d'être beaux. Les nus qu'on voit partout affichés sont toujours des nus féminins. Quand la publicité fait une tentative de nu masculin, c'est l'indignation générale ! (Cf. une des premières publicités de nu masculin).
(Maternité Esclave, Les Chimères, 1975 (notes volontairement omises)).
"La porno m'a façonnée"
Je vais écrire à partir de mes tripes, de mon état de tumulte, je vais écrire la façon dont le porno est en moi, même alors que je passe ma vie à tenter de chasser tout le poison que la pornographie m’a forcée à assimiler.
Je dis qu’elle m’a imposé des balises : je le dis parce que si mon corps était étendu, chaque centimètre carré de mon être fourmillerait d’une pornographie qui me répugne.
La porno m’a façonnée, la porno m’a dépouillée de mon identité, la porno m’a déchirée, la pornographie est un endroit dont je me suis échappée de peine et de misère. Et aujourd’hui où je suis dans le monde extérieur à la porno, partout, je vois celle-ci célébrée, normalisée, j’entends partout qu’elle est amusante et ne cause de dommage à personne.
Je suis la preuve vivante de ce dommage, moi et des milliers d’autres femmes qui avons eu la chance de nous en sortir, et qui avons la force de parler.
Oui, nous en parlons, mais le vacarme des supporters de la porno enterre nos voix.
Nous parlons fort et d’une voix claire et cohérente, mais l’industrie du sexe et ses partisans font un véritable ouragan de leur propagande voulant que la porno soit amusante, sécuritaire, payante, librement choisie et contrôlée par les femmes, et cet ouragan balaie et disperse nos paroles.
Mais même si l’on nous censure constamment, nous ne nous tairons pas.
Nous ne pouvons pas être en repos, sachant que chaque minute de chaque jour un consommateur quelque part regarde des tortures sexuelles véritables, des blessures et de la douleur véritables, des viols véritables, des raclées véritables et de véritables « jeux » qui laissent des femmes entre la vie et la mort.
Nous ne pouvons pas être en repos quand notre corps hurle qu’il ne s’agit pas d’un fantasme ou d’actrices qui jouent, que ces femmes ne sont pas en plastique, mais qu’il s’agit de regarder une femme être brutalisée sexuellement comme divertissement ou pour se payer un orgasme.
Chaque fois qu’un consommateur a recours à de la porno ordinaire, il ou elle fait partie d’un marché qui tire d’énormes profits de la torture sexuelle. Même si ce matériel vous semble non violent, il fait habituellement partie d’une industrie qui détruit des femmes quotidiennement.
Je n’en peux plus d’entendre des adultes me servir des excuses pour la consommation de porno – aucun-e d’entre vous n’a le courage de dire la vérité : que vous vous en foutez parce que vous en faites des fantasmes et vous imaginez que ces femmes ne sont pas réelles, alors, hop ! presto, il n’y a aucun dommage.
Eh bien, je connais une foule de témoignages, d’essais, de poèmes, de discours et d’autres comptes rendus écrits par des femmes courageuses qui sont sorties du monde de la porno et qui vous apprendraient que ce n’était pas du fantasme pour elles.
Mais leurs voix ont été réduites au silence et rendues presque invisibles.
Ce que je vais écrire au sujet de mon expérience, je ne l’écris qu’à cause de son caractère commun aux survivantes. J’écris à nouveau ce qu’ont dit d’autres femmes sorties du milieu, j’écris dans l’espoir qu’à un moment donné, nos voix seront découvertes et placées à l’avant-plan chaque fois que l’on discutera de la porno.
Et non seulement traitées comme un post-scriptum.
On m’a montré de la porno dure alors que j’étais encore très jeune.
Le fait d’être placée dans un environnement pornographique, alors que j’étais trop jeune pour raisonner ou pour la resituer dans un contexte adulte, m’a fait voir la porno pour ce qu’elle est réellement, et non ce qu’elle prétend être.
J’ai vu que ce n’était pas du jeu, même s’il y avait mise en scène. J’ai vu de réelles douleurs, j’ai vu de la peur réelle, j’ai vu des blessures réelles, mais ce que j’ai vu de pire étaient des regards vraiment éteints.
J’ai vu, mais je n’avais peut-être pas les mots pour le dire, que c’étaient surtout des femmes et des enfants traités comme des déchets, surtout des femmes et des enfants endommagés par des objets, par des bouches, des poings et des pénis enfoncés dans tous les orifices de leur corps ; j’ai surtout vu des femmes et des enfants que l’on faisait poser de façon à simuler la joie, alors que je voyais et savais qu’elles et ils étaient en enfer.
Une enfant voit clairement, mais n’a pas le pouvoir de parler ; elle ne peut que voir cette horreur, et savoir qu’elle en sera la prochaine victime.
J’ai été attristée d’apprendre le nombre de femmes que je connais ou dont j’ai entendu parler qui se sont retrouvées dans l’industrie du sexe après qu’on leur ait montré, dans l’enfance, de la porno dure (que l’on considère maintenant comme de la porno ordinaire).
Je tiens à dire haut et fort que le fait qu’on m’ait montré cette porno horrible a été mon apprentissage de la prostitution – plus que l’abus sexuel venu plus tard de mon beau-père – parce que cela m’a appris que la douleur et la haine étaient tout ce que mon corps méritait.
Quand mon beau-père a abusé de moi, il s’est montré habile, il y est allé « en douceur » – enfin en comparaison de ce que j’avais vu dans le magazine Hustler, de ce qu’il m’avait lu des écrits de Sade et des interminables tortures sexuelles qui ont continué à brûler dans mon esprit.
Parce que mon beau-père m’avait d’abord exposé à de la porno dure, lorsqu’il a fait de moi son esclave sexuelle, j’ai toujours pensé : « Eh bien, ce n’est pas aussi grave que ces images, au moins je ne suis pas morte. »
C’est ce que fait la porno quand elle est actualisée dans la vie, elle détruit toute confiance en soi, toute notion d’espoir, elle amène sa victime à penser qu’aussi longtemps qu’elle respire, les choses ne sont pas si graves.
Comment quiconque peut-il oser décrire la porno comme non dommageable, en refusant d’écouter les innombrables femmes et filles qui ont été brutalisées sexuellement au nom de la porno ? J’arrive maintenant à mon stade de fureur et de désespoir absolus, en pensant à la constante déconnexion pratiquée entre la prostitution et la porno, alors que ces pratiques vont toujours de pair.
Parlez à n’importe quelle femme qui a quitté la prostitution, après y avoir été longtemps. Vous l’entendrez dire, si vous ne lui coupez pas la parole, à quel point ce que les prostitueurs veulent et réclament est tout ce qui est à la mode dans la porno de masse.
Ils veulent du sexe qui endommage délibérément le corps d’une femme, ils veulent du sexe qui leur permet de déverser de la haine dans son corps, ils veulent que le sexe leur donne l’impression de la conquérir.
Ce n’est jamais du sexe, ce n’est que de la porno dans son essence.
Qui pensez-vous que sont les « actrices » dans la majorité de la porno, croyez-vous qu’il s’agit uniquement de femmes entrées au hasard de la rue et qui adorent l’amour « brutal » ? Ce sont plutôt des femmes si piégées dans l’industrie du sexe qu’elles sont désensibilisées à leur corps et ont lâché prise.
Les femmes prostituées sont sans cesse déplacées d’une niche à l’autre de l’industrie du sexe, et beaucoup de prostituées sont les « actrices » que vous choisissez de regarder en mode pornographique.
Cela peut leur être présenté comme plus sécuritaire que de travailler dans la rue, ou il peut s’agir de prostituées filmées au moment où des prostitueurs violents se servent d’elles.
Les pornocrates se serviront toujours d’abord de femmes qui sont déjà dans le commerce du sexe, puisqu’ils n’ont pas à les dompter – voilà la brutale réalité.
De plus, les producteurs de porno se servent souvent de femmes prostituées parce qu’elles sont tellement avariées par la violence et la dégradation continuelle du commerce du sexe qu’elles ne coûtent pas cher : elles n’ont pas la confiance en soi qui leur permettrait de savoir ce qu’elles valent et devraient obtenir comme salaire.
L’industrie de la porno utilise des femmes qui sont déjà prostituées parce qu’étant aussi aliénées de leur corps, elles s’acquitteront de tout acte sexuel brutal, sans avoir cure de leur bien-être sexuel, mental et physique.
En d’autres termes, elles sont la parfaite « vedette » pornographique.
Soyez maudit-es si vous croyez toujours que la porno peut être normalisée.
Est-ce que votre besoin égoïste de vous branler à regarder de la porno, ou d’imaginer un monde virtuel de porno inoffensive, est plus important que la destruction des femmes dans la porno ?
Je vous le dis encore, soyez maudit-es.
Pouvez-vous vivre en étant au courant des graves blessures internes qui représentent la norme pour les femmes qui sont dans la porno, à tel point que même celles d’entre nous qui avons eu la chance d’en sortir vivent avec la douleur comme une ombre ou sommes quotidiennement détruites ?
Souhaiteriez-vous vivre avec nos souvenirs, des souvenirs d’une violence qualifiée de plaisir et de libre choix, des souvenirs de ne pas savoir comment diable on est encore en vie, mais la nécessité de demeurer dans notre enfer ?
Nous n’avions aucune sécurité, aucun droit à la dignité, aucune voix, aucune idée de comment s’échapper – nous n’avions que la survie.
Et vous appelez la porno un divertissement.
C’est pire que de l’égoïsme – c’est affirmer que nous étions et demeurons des sous-hommes.
Voilà pourquoi, oui, nous sommes furieuses quand vous défendez la porno.
(Rebecca Mott, traduction Martin Dufresne)
Version originale : http://rmott62.wordpress.com/2011/06/13/porn-mapped-me/
La pornographie
"Ni révolutionnaire, ni décadente, notre époque n'a pas inventé la pornographie. La représentation de la sexualité et sa mise en scène sont vieilles comme le monde. Mais la photographie et le cinéma ont changé les règles du jeu en permettant une image totalement réaliste, alors que la littérature et la gravure ne pouvaient que suggérer, à travers un réseau de codes et de métaphores.
Les sociétés libérales ont vu se développer une pornographie licite et aseptisée qui étale "sans tabous ni vertiges" le spectacle mornes de corps qui se disent libres".
"C'est une banalité que de dénoncer la nullité de la plupart de ces films : ils ne valent pas cher, mais ils n'ont pas coûté cher ! Il suffit de récupérer pour quelques jours la maison de campagne d'un ami, d'y réunir des débutantes, des secrétaires qui gagnent plus en un tournage qu'en un mois de travail et d'anciens macs reconvertis en acteurs. Ajoutez-y un scénario incohérent, sans rapport avec le titre du film, des dialogues affligeants, enchaînez sans la moindre vraisemblance mais à toute allure des scènes uniquement sexuelles. Attention, l'orgasme est obligatoire. N'hésitez pas au montage à récupérer quelques bouts de pellicules utilisés déjà dans d'autres films, c'est l'usage. Et vous offrirez au spectateur une heure trente de coït ininterrompu, avec quelques scènes de genre inévitables : sodomie, fellation, saphisme et partouze".
"L'essentiel est de convaincre les femmes de la jouissance d'être humiliées".
"Faut-il alors citer les spectacles "snuff" pour dénoncer le danger de ces positions faciles ? Spectacles vivants - déjà pratiqués à Rome - où les tortures, les dépeçages et la mise à mort ne sont pas simulés. Contrôlés par la Maffia, ces film sont distribués à prix d'or aux États-Unis. Même si ces spectacles sont rarissimes, le simple fait qu'on puisse les concevoir fait peur. Peut-on justifier leur existence en les considérant comme des exutoires à la misère sexuelle, des soupapes de sécurité qui éviteraient agressions et violences faites aux femmes ? Suppositions et alibis. On n'a pas la moindre statistique interprétable à ce sujet. Pas plus qu'on ne sait d'ailleurs dans quelle mesure le spectacle pornographique influence ou modifie la pratique sexuelle des spectateurs.
Comment les femmes peuvent réagir à des représentations dont elles sont les victimes les plus manifestes ? Par l'indifférence d'abord : elles disent souvent leur peu d'intérêt pour les lectures et surtout les spectacles pornographiques. Le principe même de la pornographie, qui est de détacher l'activité sexuelle proprement dite de sa mise en scène semble un plaisir d'homme plus que de femme : elles paraissent moins sensibles au voyeurisme qui, à la sexualité vécue, préfère ses représentations.
Elles sont ensuite si singulièrement absentes de la représentation pornographique ! Toutes les œuvres érotiques sont placées sous le signe de la même mise à l'écart du corps féminin réel. Qu'il s'agisse des tableaux complexes de Sade ou des déguisements aristocratiques (bien sûr...) de P. Réage, le corps féminin est tenu à distance par la parure et le maquillage, morcelé pour être remodelé, sacralisé pour être mieux nié et enfin immolé. Quant aux films, ils obtiennent par une démarche inverse un résultat semblable : ils veulent présenter la sexualité avec un réalisme tel que l'absence totale de rhétorique créé une sorte de discours neutre et blanc, un degré zéro de la représentation ; et les femmes sur l'écran ressemblent aussi peu aux femmes de chair des planches anatomiques.
Enfin, rien n'est plus éloigné de la sexualité féminine que ces images conçues par des hommes pour des hommes : accouplements accélérés sans tendresse ni caresses où la femme n'est que la servante du sacro-saint phallus. A chaque instant on peut lire l'ignorance et le mépris de ce fameux "continent noir" ; on y voit surtout la peur d'une animalité fondamentale des femmes, cachée sous les apparences socialisées. Elle est naturelle, donc abominable, écrivait Baudelaire. Elles jouissent comme des chiennes, répond le film classé X. Rien n'est plus rassurant alors que cette sexualité domptée, codifiée, de poupée gonflable active au service de super-mâles sans fiasco qu'on leur assigne dans le spectacle porno".
(Laurence Pannet in Terre des Femmes, vers 1983).

