Porno sexiste : assez !!!

15 avril 2016

"Encore du porno"

"Je conduisais l'autre jour et j'ai entendu une émission de radio sur le VIH. Ca m'a fait penser aux pratiques de safe-sex et à la pornographie. Les acheteurs veulent voir le contact de peau à peau, des pénis dégainés, et du sperme - beaucoup de sperme. Le "bare-back" (sex sans préservatif) est la norme.

Le sexe non protégé n'est pas sans risque. Mais les actes sexuels dans la pornographie servent tous à augmenter ce risque : sexe anal, sexe avec de multiples partenaires, actes sexuels brutaux (sexe oral inclus), ass-to-mouth, anal-vaginal, bukkake (sur le visage)... tout ce qui peut causer des déchirures augmente le risque de transmission de VIH et hépatites. À cause de l'agressivité d'une si grande partie de la pornographie, et de la pénétration prolongée, y compris avec des objets ou des poings, les risques de déchirures sont grandement augmentés. Les anciennes blessures, de la dernière fois, peuvent se rouvrir à nouveau quand on est utilisée à nouveau. Tellement douloureux (j'ai vécu ça), et à risque.

Les prétendues "visites médicales" imposées dans certains milieux de l'industrie (largement pour apaiser la conscience du public) sont plus que risibles. On prescrit quotidiennement des antalgiques aux femmes dans la pornographie pour les "aider" à travailler, et bien plus utilisent l'alcool et les drogues pour engourdir la douleur. Le résultat c'est que même quand la femme est physiquement abîmée dans la fabrication de pornographie, elle est moins à même de le ressentir dans toute son intensité et donc d'arrêter et donc de se prévenir de plus de dégâts. Cela supposerait bien sûr qu'elle soit dans une position d'arrêter ce qui lui arrive, ce qui souvent n'est pas le cas. Même quand une femme n'est pas ouvertement sous la coupe d'un proxénète, il y a beaucoup d'autres moyens de la piéger à s'engager dans des actes sexuels qu'elle ne souhaite pas. L'alcool et les drogues affectent l'inhibition et la conscience, laissant la femme plus ouverte que jamais à la maltraitance. On peut lui dire que le contrat qu'elle a signé requiert qu'elle fasse certaines choses, ou son agent peut la pousser à performer des actes plus extrêmes pour la caméra (ça lui fait plus d'argent).
Difficile d'imaginer une femme dans une scène de gang bang, entourée d'hommes, et probablement avec un pénis enfoncé dans sa gorge, comme étant en position de dire "stop, vous me faites mal". En effet, la peur et la souffrance visibles sur le visage des "actrices" porno sur bien des DVD attestent clairement que ce n'est pas le cas. Elle peut avoir désespérément besoin d'argent et donc être vulnérable à la pression quand on lui dit de faire plus de choses déplaisantes pour plus d'argent. Ou alors elle peut être tellement mentalement abîmée qu'elle ne voit aucune autre option pour elle, aucun moyen de s'en sortir.

La pornographie utilise les femmes les plus vulnérables et elle se construit sur elles ravage après ravage, mental et physique. Des hauts-le-coeur en avalant des bites, couverte du sperme d'homme après homme dedans et dehors, couverte de bleus, boursouflée et saignant à l'entrejambe, gorge sèche, mâchoire douloureuse, et avec l'impression que ses entrailles vont se répandre, la pornstar, l' "actrice". Son anus, son vagin, sa bouche, ses seins et son corps sont offertes à la caméra, pour être utilisés et abusés sans scrupules. Et cette chose qui lui est faite pour la gratification d'hommes qu'elle n'a jamais rencontrés, on la qualifie d'empowerment, de libération, de divertissement inoffensif ! Les statistiques concernant l'alcoolisme, la toxicomanie, le suicide et le passé de maltraitances sexuelles racontent une histoire un peu différente - non pas que vous le sachiez : l'industrie, avec la collusion d'une société qui ne veut pas savoir, parvient à garder ces chiffres hors du débat. À la place, on se retrouve à bavarder sans aucun sens sur le "choix" et le "glamour".

Et ainsi la pornographie normalise la pratique du sexe risqué, dans tous les sens du terme. Le client peut profiter de la photo, du film, un million de kilomètres à l'écart de l'odeur du sperme, de la crasse, sans la souffrance et la peur et le danger. Il rit quand elle reçoit du sperme dans les yeux - ce n'est pas lui qui se retrouvera avec une infection oculaire demain. Il a le frisson en regardant des filles subir une pénétration buccale après une pénétration anale : en sécurité de l'autre côté de la caméra il n'a pas à s'inquiéter des IST, il imagine l'humiliation, ça l'excite, mais il n'a aucune idée de ce que ça fait vraiment.

Pendant qu'elle claudique jusque chez elle pour se frotter et se frotter et se frotter dans la douche, pour vérifier si elle saigne, pour évaluer les dégâts, pour se mettre une cuite et essayer d'oublier, il plie le magazine, éjecte le DVD et zappe dans sa tête, satisfait et sachant que son comportement est "normal", que c'est socialement acceptable - il ne fait de mal à personne.

Il n'y a rien de sécuritaire pour les femmes dans la pornographie, ou pour celles qui sont poussées par leur partenaires à reproduire les pratiques douloureuses et risquées que la pornographie promeut. La pornographie considère les femmes comme jetables, littéralement : elle les baise, et ensuite elle passe à la prochaine "chatte fraîche". La pornographie est aussi partout - elle fait partie de la culture ambiante. Comment pouvons nous être assez aveugles pour rater l'énorme contradiction entre la promotion de pratiques sexuelles sécuritaires et la glorification du porno ? Les deux sont totalement incompatibles.

Les mots "sécurité" et "pornographie" ne peuvent même pas appartenir à la même phrase. La pornographie détruit - le corps, l'esprit et l'âme. C'est un fait. Je travaille encore à défaire les dégâts qu'elle m'a faits".

Angel K.

Source : http://survivrealaprostitution.blogspot.fr/2011/11/encore-du-porno.html

Posté par Miaramaou à 03:52 - Permalien [#]


24 décembre 2015

"Natasha Chart : La plus sexy des oppressions" (extrait)

"Et puis, il y a le porno généralisé, celui qui est devenu la norme pour les gens, avec des photos ou des vidéos d’actes sexuels, plutôt que de simples images de femmes nues, comme celles qui assuraient la vente du magazine Playboy. À la moindre erreur de terme de recherche, vous pouvez trouver sur Twitter des collections d’images, de récits et de vidéos sans restriction de « salopes » qui « en veulent » et d’« adolescentes » giflées, ligotées pour des viols collectifs, torturées jusqu’aux larmes, droguées pour faciliter leur viol, tous leurs « orifices détruits ».

On prétend que les participantes adorent cela. Je ne connais aucune adolescente qui rêve d’un prolapsus anal pour ses 20 ans, et cela ne me semble pas très sexy. Mais si les hommes sont divertis par l’idée de détruire les corps des femmes, alors je suppose que cela ne devrait pas être une surprise quand des hommes détruisent des corps de femmes.

Une des photos que j’ai vues sur un site de porno – et ce sur un compte Twitter public – était celle d’une femme couchée à plat ventre sur un lit, accroupie devrait-on dire – où l’on ne voyait d’elle qu’une mare de sang entre ses fesses écartées. C’était censé être une image sexy. Un divertissement. Des hommes se masturbent face à cette image, où une femme en chair et en os a été abusée sexuellement jusqu’au sang et quelqu’un qui a participé à son agression continue à diffuser cette image dans un but lucratif.

Une autre scène était une brève séquence .gif – sur ce même compte public Twitter – où un homme blanc essuyait ce qui était décrit comme son « cul en sueur » sur le visage d’une femme noire à genoux. On nous invite à en déduire, à partir du contexte pornographique de l’image, que cette femme a consenti à et aimé voir son visage utilisé comme du papier hygiénique pour le confort et la commodité d’un homme blanc. On nous amène à en déduire qu’elle a consenti à ce que cette vidéo soit diffusée sur Internet à l’intention de n’importe quel membre de notre société blanche et raciste. Cette image comptait parmi les moins explicites, mais les plus obsédantes, de ces photos de « sexe », accessibles facilement et sans frais.

Il y a des hommes qui sont divertis et contentés par ces images. Des millions d’hommes. C’est terrifiant.

Le fait de voir présentée comme divertissement sexuel une photo produite commercialement d’une femme, visiblement effrayée et contrainte par un poignard contre son visage, incite à déduire l’existence d’un public agréablement excité par ce scénario. J’espère ne pas connaître de tels hommes, ne jamais en rencontrer, et que jamais les personnes auxquelles je tiens ne croiseront le chemin de tels hommes. Mais comment voulez-vous les reconnaître ? Il n’existe pas un « type » d’homme qui viole et agresse – de tels hommes sont partout, ils ressemblent à tout le monde. Aucune femme n’a la moindre raison d’accorder à un homme qui aime l’image d’une femme violentée le bénéfice d’un doute à propos du fait qu’il ne voudrait pas personnellement vivre cette expérience, qu’il ne voudrait pas provoquer lui-même cette terreur".

Source (et article dans son intégralité) : https://tradfem.wordpress.com/2015/12/18/natasha-chart-la-plus-sexy-des-oppressions/

Posté par Miaramaou à 17:56 - Permalien [#]

03 juin 2015

"Ce qui ne va pas avec la pornographie"

La pornographie nuit aux femmes.

La pornographie n’est pas imaginaire. La pornographie se passe dans le monde réel et avec des femmes réelles ; tout ce que vous voyez dans la pornographie est arrivé quelque part à une femme réelle.

L’industrie de la pornographie est une industrie pesant plusieurs milliards de dollars.

La pornographie existe pour faire de l’argent. C’est une industrie qui mâche les femmes et les recrache ; c’est une industrie où l’exposition à la violence, le harcèlement, les blessures et les infections sont considérés comme des choses normales et acceptables.

La pornographie n’enrichit pas notre sexualité. Elle la limite.

La pornographie hétérosexuelle mainstream (grand public) dicte une vision étroite et limitée de la sexualité humaine. Dans la pornographie, la sexualité masculine est fondée sur la cruauté, la contrainte et l’humiliation ; la sexualité féminine est fondée sur la soumission ou le fait de faire semblant de prendre du plaisir à être soumis-e à un traitement cruel, contraint et dégradant. La pornographie détruit l’autonomie sexuelle des femmes et les empêche de découvrir leur propre corps et leur propre sexualité.

La pornographie dépeint la violence sexuelle envers les femmes comme normale, naturelle et comme étant une partie inévitable de la sexualité masculine.

Le désir sexuel ne se développe pas à partir de rien. Le comportement lubrique que nous avons par rapport au sexe dans ce pays, associé au manque d’éducation sexuelle décente, signifie que beaucoup de personnes utilisent la pornographie comme leur première source d’informations sur ce à quoi est supposé ressembler le sexe. La pornographie hétérosexuelle mainstream dit aux hommes que la violence sexuelle envers les femmes est excitante et que les femmes aiment être violentées. Elle dit aux femmes que pour avoir des rapports sexuels corrects, elles doivent tolérer ces violences et y prendre plaisir.

La pornographie renforce la suprématie masculine et l’idée que les hommes ont le droit de demander l’accès sexuel au corps des femmes.

Les hommes se définissent eux-mêmes comme étant tout ce que n’est pas une femme. Pour être un homme, il faut qu’il y ait un groupe subordonné de femmes afin que les hommes puissent se comparer à elles et se sentir supérieurs à elles. Dans la pornographie hétérosexuelle mainstream, les hommes sont toujours les sujets actifs et les femmes sont toujours les objets passifs. Dans la pornographie, aucun homme n’échoue jamais à avoir ce qu’il veut ; dans la pornographie, les femmes existent seulement pour satisfaire les désirs des hommes, elles n’ont pas de volonté ou de désir propre à part celui de pourvoir aux besoins des hommes.

La pornographie représente le sexe et les femmes comme quelque chose de dégoûtant.

Les mots utilisés pour décrire les femmes et les corps des femmes dans la pornographie trahit le fait que les femmes et le sexe sont considérés comme sales et dégoûtants par les hommes qui les utilisent : « chienne », « conne », « salope »,  « jouet sexuel »,  « trou à bite», « sale », etc. etc.

La pornographie fait la promotion de standards de beauté misogynes.

Dans la pornographie hétérosexuelle mainstream, les femmes sont interchangeables ; les femmes et les hommes sont conditionnés à voir les corps féminins naturels (avec des poils pubiens ou de petits seins ou de la graisse) comme étant non naturels et dégoûtants.

La pornographie vous affecte.

Même si vous ne consommez pas de pornographie, un nombre important d’hommes avec lesquels vous interagissez en consomme. Il est difficile d’imaginer qu’un homme puisse passer beaucoup de temps à regarder et à se masturber sur des images dégradantes de femmes sans que l’idéologie pornographique n’ait un effet négatif sur sa vision des femmes.

La pornographie et le sexe ne sont pas la même chose !
Pro-sexe, Anti-porno : Libérez votre sexualité de la pornographie

Source : https://peuventilssouffrir.wordpress.com/2013/11/22/ce-qui-ne-va-pas-avec-la-pornographie/

Version originale du texte : https://antipornfeminists.wordpress.com/whats-wrong-with-pornography/

Posté par Miaramaou à 02:20 - Permalien [#]

18 décembre 2014

Témoignage anonyme

"Même sans être dans un positionnement abolo, on pourrait quand même insister sur certains points comme le devenir des films, et le consentement des acteurices dans le temps, le droit à l'oubli (qui a été récemment reconnu juridiquement, même par google), le problème du consentement (qui a été soulevé plusieurs fois : comment savoir si il y a un réel consentement ?), le porn revange aussi (qui bizarrement ne fait des victimes que chez les femmes), et les séquelles physiques du porno (l'incontinence urinaire et fécale notamment des actrices ---> je pense pas qu'on puisse consentir consciemment à ça alors quid des informations médicales quand on est engagé sur un poste on passe bien une visite médicale qui répertorie les risques liés à l'activité professionnelle ?).

Donc quid de la médecine du travail dans ces métiers d'acteurices de porno, quid du suivi médical ? quid des arrêts maladies, etc ... puisque " c'est un métier comme un autre ", quid du travail au noir, quid des cotisations sociales et de la couverture sociale ? (j'ai lu le bouquin " j'assume " de Nina Roberts, qui explique comment elle est rentré dans l'univers du porn, ce qu'elle y a vécu, comment elle en est sortie, et ce que le médecin lui a dit et ça confirme exactement ce que je dis plus haut).

De plus dans l'argument " on achète bien du made in China sans savoir si c'est produit par des enfants ou pas " oui, c'est vrai mais on achète des produits indispensables : on ne peut pas vivre tout nu, ni vivre sans manger, et on essaye d'avoir une lisibilité et une traçabilité de ce que l'on achète, mais c'est difficile. Cependant à titre personnel, j'essaye de boycotter les marques dont je sais qu'elles financent l'armement, l'esclavagisme etc ...
De même que j'essaye de boycotter les marques qui testent sur animaux.

Le porno n'est pas un truc indispensable à la vie (c'est comme considérer que la sexualité des hommes est un truc vital et incontrôlable, argument sexiste et misogyne qu'on connait très bien ici), donc le boycotter tout court, me semble beaucoup plus simple.

Dans le cas où on serait pro porn, c'est bien évident que dans ce cas il faudrait militer pour une amélioration des conditions de travail des acteurices, exactement comme pour la pros, et pour qu'ils obtiennent un vrai statut, avec une retraite, une sécu etc ...
D'autre part quand on sait comment sont recrutées les actrices, le turn over des " petites " nouvelles, etc ... on est bien dans une logique de consommation des actrices, et pas dans une logique du respect de leur travail, ou de leur performances. Une fois qu'on a vu la tête d’une nouvelle actrice une ou 2 fois, faut qu’elle fasse du sensationnel, sinon elle dégage.

Et le gonzo, qui est un porno hyper commercialisé, hyper courant, que les boutiques de sex toys t'envoient en cadeau quand tu commandes un truc comme si c’était un produit de consommation banal, ben c'est du hard (enfin moi je trouve), et c'est vraiment que des scènes coupées, collées les unes aux autres à la queueleuleu sans même un scénario. Donc c'est de l'abattage et de la boucherie, on ne voit même pas le visage des filles : c'est respectueux et artistique peut-être ? Et pourtant c'est bien ce qui se vend le plus.

Rappellez moi juste 2 minutes ce qu’on reproche à la publicité sexiste et machiste ? De réifier les femmes, oui on est bien d’accord. Et comment ils s’y prennent pour arriver à cette réification ? Ah ben oui en réduisant les femmes à leur corps, et plus spécifiquement à leurs organes sexuels, représentés de manière hypertrophiées (les seins notamment) et en ne montrant pas le visage des femmes. Les corps sont tronçonnés prêt à être consommé. Hors, que fais le porno ? Ben exactement la même chose, si ce n’est qu’il le fait aussi avec des corps d’hommes dont on montre des sexes géants. Est-ce que c’est mieux parce que les hommes sont filmés à la même sauce réification ? Je ne pense pas.

Quand on voit aussi le porno spécialisé : les mélanges ethniques (encore appelé gang bang racial / interracial alors qu’on se pose aujourd’hui la question de la pertinence de ce mot dans la constitution et les textes garantissant les droits de l’homme je le rappelle pour info), la zoophilie, la gérontophilie, la pédophilie, l'inceste (quand on demande à des sœurs jumelles de faire des trucs ensemble par exemple), les pornos de nains, ou encore de femmes enceintes etc ... tous additionnés ça fait une bonne part de marché et ce n'est plus du porno à la marge : c'est respectueux peut-être ? Il est où le consentement et le libre arbitre ? On prend toutes les personnes qui sont déjà des minorités oppressées (les femmes, les personnes âgées, les animaux, les personnes racisées, les enfants, les handicapés) et qui sont déjà des laissés pour compte du système capitaliste et des victimes du système patriarcal et hop on fait du porno parce que c'est encore mieux si les personnes qui se font " défoncer " sont en plus déjà opprimée ? Et c'est de l'art ? Nan mais après on dit que on n'y connait que dalle en porno ? Youhou ? C'est qui qui ne veut pas voir la réalité ?

Quant à lire les titres des pornos tient ... c'est quoi les titres des pornos ? A ben oui, des titres très gratifiants pour les femmes... Mais bon peut-être qu'elles aiment être traitées de putes, de salopes, de gouines, etc ... surement que c'est un choix artistiquement bien défendu. Nul doute.

Ou encore un dernier DVD entre apperçu dans les bacs d’un magasin de location de DVD à côté des Disney : l’ABC du viol, l’art de la rendre esclave … Ouai trop cool on en redemande !

Quant au soit disant choix et respect des actrices : c'est quoi leur contrat de travail ? hun ? puisqu'on parle d'art et tout ça, et qu'on parle de métier, ça serait peut-être bien de savoir si elles ont le droit à la protection du code du travail aussi les actrices ? Parce que non on est pas dans le cadre du code du travail, donc les employeurs peuvent user et abuser de clause parfaitement illégales sans que ça pose problème à personne. Le code du travail exlcu de fait les travailleurs du sexe, y compris les acteurices de porno : car le commerce du corps est illégal et donc non représenté dans le code du travail.

Et vu le rapport entre un employeur et ses employés, ben il est évident que c'est aux désavantage des femmes. Et d'ailleurs est-ce qu'on a regardé le plafond de verre dans ce type d'emploi ? Bizarrement les hommes ont le droit à des contrats beaucoup plus longs, et mieux rémunérés que les femmes ... Mais bon c'est de l'art visuel ... Donc c'est justifié. CDI pour les hommes, CDD pour les femmes, normal au bout de 2-4 ans t’es périmée si t’es une femme, et de toutes façons tellement usagées, que tu ne peux plus rien faire.

Bref, je ne veux agresser personne, surtout pas, c'est juste que j'en avais gros sur la patate. J'ai subi du porn revange, et c'est très dur, j'ai un passé très glauque, et ce monde-là je le connais (contrairement à ce qui a pu être affirmé), et si au moment de la vidéo, j'ai pu donner un semblant de consentement (on va dire que j'ai donné mon consentement pour simplifier), et ben il en est tout autrement aujourd'hui, et oui, je suis passée par la case des violences sexuelles chroniques. Donc je pense pouvoir être légitime sur le sujet. Mais bon, je veux pas parler sans couverture anonyme, j'ai trop peur maintenant, justement, des revanches, je me sens pas super à l’abri pour parler librement, et oui j'ai l'impression qu'on spolie mon expérience au profit de personnes qui n'ont rien vécu de similaire, qui ne savent pas, et qui parlent à tort et à travers.

Mais ce que je veux dire, c'est que le porno, à l'heure actuelle, ben non c'est pas féministe et c'est pas éthique. Et que le porno pour qu'il devienne éthique faudrait que la contrainte financière disparaisse, et que les actrices aient les mêmes droits que les autres travailleurs. Donc même sans faire dans l'abolo ---> ce qui est dit sur le forum ne tient pas. Même les pro pros ne disent pas de telles choses.

Ce qui m'étonne c'est cet espèce de clivage fait entre la prostitution " c'est trop mal " mais le porno " c'est trop pas pareil ". Bien sûr que si c'est la même chose. Les hôtesses de bar le savent, elles ont des " primes " quand elles acceptent de filmer, idem pour les prostituées qui font des sex-tours, etc ... La violence de la caméra, de ces scènes qu'on voudrait oublier à jamais et qui tournent en boucle dans les lecteurs DVD ou sur le net, des connards qui sont toujours là pour te rappeler que t'es qu'une pute, une merde qui s'est faite niquer par tous les trous, ben cette violence-là, elle s'efface jamais, même si on a changé de vie, et réussi à s'en sortir, en plus elle attaque aussi les enfants, c'est affreux.

Et rien ne permet d'identifier les vidéos totalement safe, de celles qui ne le sont pas, et contrairement à ce qui a été affirmé, les grosses boites comme la blue production, ou dorcel, sont des boites dégueulasses comme pas permis, elles ont le pouvoir du fric qu'elles génèrent et de leurs putains d'actionnaires de merde (pardon pour les gros mots), et aucune fille ne pourrait aller en justice à leur encontre, elle se ferait massacrer sans compter que la crédibilité d'une actrice porno dans un tribunal est juste ... de zéro. Derrière elle subirait des pressions inimaginables, ne pourrait plus travailler, et serait encore plus reléguée au rang de pute sans valeur. Et comme le droit du travail ne s'applique pas : le statut intermittent pourrait être revu, mais il n'est évidemment pas prévu ni adapté pour ce type de travail et ses conditions particulières d'exercice.

Tout le monde a vu le pouvoir des banques, elles ont été trainées en justice par quelques volontaires : que c’est-il passé ? Les banques ont-elles casqué le moindre copec pour ce qu’elles ont détruit (la vie de milliers de personnes quand même), ont-elle été condamnées ? Ben non, elles ont été dédommagées … C’est le même système dans le monde des grosses prod.

Il y a aussi des producteurs qui ont été accusé de viol sur leur propre recrue sous prétexte " d'entretien d'embauche " pour des castings : aucun n'a été condamnés pour ses recrutements proprement scandaleux, et encore pire : ce type de comportement a été validé dans le monde du sexe comme " une signature " artistique. Alors que les filles étaient jeunes, peu expérimentées et qu'elles ont osé porter plainte (ce qui demande du courage déjà à la base, mais juste un truc presqu'impossible tellement c'est dur quand on est dans le monde du porno). Elles n’ont pas été dédommagées, ce qu’elles ont subi n’a pas été reconnu juridiquement alors que c’était de notoriété publique (j’ai les liens si ça vous intéresse, mais comme c’est vers des trucs de porno, je ne les communique pas publiquement). Ce mec continue ces agissements sous prétexte que brutaliser « un peu » les actrices donne plus de réalisme et de cachet aux scènes … génial un super artiste dis donc !! Quant au fait que la quasi-totalité des producteurs soient des hommes ça ne choque personne non plus on dirait. Que l’actionnariat soit principalement masculin … ne pose pas problème. Pour 2 ou 3 femmes qui arrivent à passer derrière la caméra, combien restent sur le carreau ?

Sans compter que les actrices tournent, même quand elles ont des infections des parties génitales, parce que leurs patrons ne veulent rien savoir : beaucoup arrivent à ne même plus pouvoir avoir d'enfant et à devenir stériles, tellement leurs organes sont abimés. Franchement une nana qui sort après une carrière (même brève dans le X), et ben physiquement, elle a des séquelles irréversibles (et je ne parle même pas des séquelles non visibles comme l'état psy).

Il y a aussi les exigences des producteurs en terme de fesses et de poitrine, mais aussi de blanchiment de l'anus, ou encore de remodelage des lèvres et du vagin (l'entrée qui se voit à la caméra) : ils payent la chirurgie esthétique comme un investissement, et derrière la fille doit tourner à un prix cassé, ou sans être payée du tout parce que c’est considéré comme un avantage en nature, mais il est ou l'avantage pour la fille au juste ? Si on regarde des porns gonzo, on y voit des filles défigurées, avec des cicatrices d'opérations de chirurgie esthétique ratées etc ... comme ces filles ne sont " pas belles " elles sont obligées de tourner que des scènes de hard, sans scénario, et c'est intégré dans des montages " à la chaine " qui serve de DVD gonzo vendu moins cher que les grosses prod. J'ai un DVD offert en " cadeau " par une boutique de sex toys ou j'ai commandé de la lingerie : j'ai eu le malheur de regarder le truc ---> les images sont impressionnantes et gravée dans ma mémoire.

L'aphrodisme est omniprésent, et tu es rémunéré selon ton sex appeal et ta beauté (évaluée par … tadam des hommes oh la surprise dis donc !!), donc plus arbitraire y a pas, alors que ce n'est pas le cas des hommes.

Il ne faut pas oublier aussi que les filles sont maquillées, péruquées, et tout ça, et que ça cache aussi une certaine réalité : cacher les bleus, l'automutilation, les traces d'injections, les pertes de cheveux, corriger des problèmes d'anorexie etc ... pour que ça ne se voit pas à la caméra. Et ces problèmes ils ne sortent pas de nulle part, quand on voit les photos des femmes à leur premier casting, quand elles n’ont pas encore tourné, elles sont moins abimées.

Tout ça sans compter le contenu pornographique en lui-même qui est, je trouve, hyper malveillant vis-à-vis des femmes. C'est une industrie qui détruit les femmes, leurs vies, leurs familles et leurs enfants.

Ça n'a strictement rien à voir avec le petit couple gentil qui y va de sa vidéo amateur, et qui se dit qu'il va mater ça tranquillement pour refaire des câlins. Ce qui en soit ne pose pas pbm (à condition qu'on n’ait pas de pbm de porn revange derrière). Et ça n'a rien à voir avec une asso qui utilise un média choc pour faire campagne pour une lutte écolo.

Le porn système est une prostitution organisée et labellisée, elle est juste légale, c'est tout (et encore pas tout le temps). Va voir ton banquier et dis-lui que tu es actrice de porno, on verra si il accepte d'ouvrir le compte et de te faire un crédit. Et ça les producteurs le savent bien. Les filles sont obligées de passer par eux pour tout, exactement comme une fille sans papier avec un proxo.

Le porno est une mafia, et blanchit aussi de l’argent sale, au même titre que les boites de streap tease, et que les clubs d’hôtesses … Donc faudrait peut-être penser à revenir dans la réalité. Elle est sordide, moche, crade, mais elle est. Malheureusement".

Source : forum féministe

Posté par Miaramaou à 19:40 - Permalien [#]

22 mai 2014

"Des experts estiment que la pornographie est tellement répandue aux Etats-Unis qu'il s'agit d'une crise de santé publique"

La pornographie est tellement répandue aux Etats-Unis qu’elle doit être désormais traitée comme une «crise de santé publique» à combattre au même titre que le tabagisme ou l’alcool au volant, estiment des experts.

«La pornographie est la forme la plus répandue d’éducation sexuelle aujourd’hui. Des études montrent que l’âge moyen où l’on voit pour la première fois du porno est entre 11 et 14 ans, et croyez-moi, ce n’est pas le Playboy de papa», résume Gail Dines, sociologue, professeur au Wheelock College de Boston et auteur d’un livre sur la question: «Ces images dégradantes et misogynes sont devenues monnaie courante et enlèvent aux jeunes leur droit à une vraie sexualité saine».

«C’est un secteur qui a une influence considérable», ajoute Mme Dines, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse organisée jeudi en amont d’un congrès à Washington de la «Coalition to end sexual exploitation» («Coalition pour en finir avec l’exploitation sexuelle»).

Les sites pornographiques reçoivent plus de visites chaque mois que ceux de Netflix, Amazon et Twitter réunis, un tiers des téléchargements sont du porno et 4,2 millions de sites pour adultes existent sur internet, ajoute Mme Dines, également présidente du groupe féministe «Stop Porn Culture» («En finir avec la culture porno»).

Le congrès de la Coalition pour en finir avec l’exploitation sexuelle réuni ce week-end entend montrer que la pornographie est un problème complexe de société qui a besoin d’être considéré comme un problème de santé publique. Il accueille des médecins, des travailleurs sociaux, des chercheurs, des féministes, des dirigeants religieux, des militants contre la traite humaine et des anciens professionnels de l’industrie pornographique, qui génère des milliards de dollars.

«La pornographie fait des dégâts auxquels on ne s’attaque pas», accuse Dawn Hawkins, directrice de «Morality in media», une association qui fait campagne contre la pornographie depuis 1962. «De nombreuses études disent que la pornographie fait du mal», ajoute la jeune femme: «Nous savons que quasiment toutes les familles américaines sont touchées par la pornographie».

Violences sexuelles

Donny Pauling, ancien producteur de films «pour adultes» pour Playboy et sur internet, a quitté le métier en 2006: il assure avoir été témoin des effets nocifs du porno sur les femmes qu’il mettait devant une caméra.

Il doute par exemple que Miriam Weeks, une étudiante de 19 ans de la prestigieuse Duke University qui a reconnu faire du porno sur internet sous le pseudonyme de Belle Knox, ait eu la «maîtrise» de son destin comme elle l’affirme elle-même. «Je ne la crois pas», dit M. Pauling. «J’ai recruté plus de 500 filles qui entraient dans le métier et aucune n’est revenue pour me dire merci», dit-il.

Mary Anne Layden, une spécialiste des violences sexuelles de l’University of Pennsylvania, estime quant à elle que la pornographie a été un facteur dans tous les cas de violence sexuelle qu’elle a traités comme psychothérapeute. «Plus les garçons sont exposés tôt à la pornographie, plus ils sont susceptibles de s’engager dans des actes sexuels non consentis, et pour les filles, plus elles en voient, plus elles sont susceptibles d’en être les victimes», dit-elle.

Dans une interview au magazine Rolling Stone le mois dernier, Miriam Weeks a révélé qu’elle avait commencé à regarder des films porno à 12 ans, et a dit avoir été violée lors d’une fête de lycée.

«Il faut dire aux jeunes que la pornographie les manipule», dit Mme Dines.

Et Mme Layden espère que si les autorités de santé «s’intéressaient au problème comme une question de santé publique, nous pourrions avoir des succès comme nous en avons eu pour le tabagisme».

Source : Sudinfo.be

Posté par Miaramaou à 23:39 - Permalien [#]


09 janvier 2014

"Je rêve de rencontrer quelqu’un qui ne soit pas biberonné au porno…" (Par Karin Bernfeld)

Avertissement : nous sommes dans le prolongement de mon dernier livre, même si Estelle ne signe pas ce texte. 

« Je rêve de rencontrer quelqu’un qui ne soit pas biberonné au porno… »

En publiant sur Internet cette phrase un soir, tard, je ne pensais pas réveiller autant de réactions.

J’avais donc encore touché à quelque chose de sensible.

Il y en a qui fantasment sur des vierges et des puceaux, moi pas.
Je veux juste qu’il/elle n’ait jamais regardé de porno.

Il/elle peut avoir eu des dizaines de partenaires sexuels, homme/femme/trans, avec les deux les trois en même temps, je m’en fiche, je veux juste qu’il/elle ne soit pas imprégné(e) de cette merde.

Sauf que c’est impossible, et on me le rappellera bientôt. La « porn culture » est partout, plus personne n’échappe au matraquage d’images, que ce soit publicitaires ou cinématographiques. Affiches, vidéos, films, séries, tout est désormais imprégné de clichés issus du X, la pornographie triomphe par sa banalisation.

Sans doute, mais peut-être que de ne pas être confronté(e) directement à la violence « explicite » aiderait un peu…

Aucun milieu social n’est épargné. L’intelligence ou le niveau d’éducation ne sont en rien des critères. La banalisation est telle qu’un homme politique a déclaré devant des millions de téléspectateurs, recevant des applaudissements du public sur le plateau, regarder du porno « comme tout le monde ».

Existe-t-il une personne sur cette planète à l’abri de cette propagande ?

Que ce soit bien clair une fois pour toutes, il ne s’agit pas ici de moralisme, il ne s’agit en aucun cas de dire quelque chose comme « le porno c’est mal ».

Pour citer la page d’un site qui invite à la réflexion sur le sujet (référence en bas de page) :

« Notre critique de la pornographie est aux antipodes de celle qu’en font les pudibonds qui eux rejettent en fait la sexualité

(…) Les corps exposés sont des objets manipulés, écartelés, morcelés, démontés. La pornographie est une forme particulièrement aboutie du spectacle de la marchandise (au sens de Guy Debord) ; elle est parfaitement en phase avec les images médiatiques produites par notre société. Le porno montre pour mieux masquer, l’image pornographique rend aveugle à la sexualité.
La pornographie dominante est un spectacle morbide, s’opposant totalement à la sexualité qui est pulsion de vie. »

De fait, il faut comprendre que le porno est imprégné de siècles de religions et n’en est que la parfaite illustration. C’est un conditionnement destructeur.
Leur fausse jouissance n’est que violence, issue de l’enfermement et de la culpabilisation des corps.

Le puritanisme se trouve là, chez celles et ceux qui continuent à croire que la pornographie est « subversive » alors qu’elle n’est que conformisme, les mêmes qui diront que la prostitution est « nécessaire » à la société pour préserver la tradition patriarcale.

Le débat sans fin sur le conditionnement néfaste des individus par la pornographie ne trouvera pas d’issu. Il y aura toujours des gens pour dire que cela n’a aucune influence, que les normes d’esthétiques et de comportement n’en sont pas une des conséquences.

Pourtant, d’autres personnes qui n’ont pas baigné dans la pornographie, racontent leurs expériences, lorsqu’ils/elles rencontrent un(e) amant(e) de cette « génération you porn ». Elles et ils sont heurtés par leur brutalité et sont même parfois sidéré(e)s par cette éducation sexuelle totalement artificielle.

Quant à la génération incriminée, ceux qui ont moins de vingt-cinq ans, il faut les écouter. Une jeune femme a écrit récemment dans un forum : « il suffit de coucher avec quelqu’un pour savoir s’il est consommateur ou non de porno », me rappelant ce que disait l’héroïne d’Apologie de la passivitésur le fait que les mecs qui avaient l’habitude de regarder du porno étaient « des mauvais coups. »

Les témoignages de femmes sont édifiants. Celles que l’on retrouve en pleurs après leurs premières relations sexuelles, celles qui se forcent pendant des années à faire des choses qu’elles n’ont pas envie de faire.

Quant aux hommes, certains osent aussi expliquer combien le porno a gâché leur vie affective (si ce n’est pas leur vie tout court). Mais on n’aime pas trop les écouter non plus, ou alors, on en fera une fiction, ce sera sur le mode de la comédie et de la caricature moralisatrice, ce qui ne fait en rien avancer les choses, ce sera sur le mode du drame, comme lorsque les spectateurs suivent le « sex-addict » du film « Shame », mais personne ne va s’identifier ouvertement à un tel cas pathologique bien sûr… Comme avec l’alcool, l’alcoolique c’est toujours l’autre. Nous, on « gère », on est « bons vivants »…

Certes, immédiatement on va brandir l’alibi de « l’underground » qui représenterait 1% de la production mondiale et qui serait du « porno différent » qui ne véhiculerait pas, soi-disant, les valeurs de la culture du viol.

Elles/ils n’ont pas compris qu’au-delà même du type de pornographie c’est la pornographie qui est problématique.

Alors bien sûr, la liberté, « chacun fait ce qu’il veut », et je ne plaiderais pas pour la censure.

Mais dans toutes ces discussions où des personnes défendent avec passion leur usage, à un moment donné la véritable question serait peut-être : le porno, mais POUR QUOI FAIRE ?

Allez-y, tuez votre imaginaire,

devenez les robots-pornos consommateurs que la société veut que vous deveniez, finalement ça arrange le système et ça va dans le sens des traditions. Restez-y si vous le souhaitez.

Depuis la sortie de mon dernier livre, je suis souvent prise à partie et confrontée aux thèmes de la pornographie et de la prostitution.

« Protège-toi ! » me dit une amie bienveillante.

Se protéger, cela veut dire, pour une survivante, ne plus chercher à expliquer ou débattre, ne plus discuter de ces sujets, ne même plus lire ou regarder les liens partagés par les amis sur les réseaux sociaux.

Ne même plus se connecter à Internet peut-être.

Et ne surtout pas cautionner ces réalisateurs qui font salle comble avec leurs endoctrinements destructeurs.

Voilà pourquoi il me faudra, de plus en plus souvent, faire silence ou retenir ma colère.

Quand les victimes doivent sans cesse nommer elles-mêmes les crimes, elles finissent étranglées dans l’angoisse et la douleur.

Et je ne voudrais pas que soudain l’on s’arrache Plainte contre X parce qu’il serait devenu mon testament.

Source : http://plaintecontre.wordpress.com/

Posté par Miaramaou à 22:50 - Permalien [#]

13 septembre 2013

"La pornographie : une violence bien réelle vendue comme du fantasme"

Avec les moyens technologiques actuels, les films pornographiques pourraient être entièrement réalisés en images de synthèse, ce qui permettrait au moins d’épargner la souffrance à une multitude de femmes qui figurent dans ces films. Mais cela n’intéresse pas les consommateurs qui, pour fantasmer et être excités sexuellement, ont besoin de savoir que c’est du réel, que ces femmes ont réellement été humiliées et violentées.

Sur les plateaux de cinéma, on se soucie plus des animaux que des femmes, puisqu’il est interdit de faire du mal à un animal pendant le tournage d’un film. Et cela est sévèrement contrôlé. Par contre, cela ne dérange personne que, dans la pornographie, des femmes subissent des tortures sur des plateaux de cinéma, puis qu’on diffuse et qu’on vende les images de ces tortures.

C’est donc de la violence bien réelle et non du fantasme, comme le prétend l’industrie pornographique. Et c’est parce qu’elle est bien réelle qu’elle intéresse les consommateurs.

Voici la traduction d’une interview (lien ci-dessous) dans laquelle Andrea Dworkin parle de l’artifice qu’utilise l’industrie pornographique pour faire croire que la pornographie est du fantasme et qu’il n’y a pas de réalité dans cette violence :

« (…) la pornographie comme une forme de fantasme. En réalité, ils parlent de la prostitution comme s’il s’agissait d’un entraînement du fantasme.

Et cela fait partie de l’effort des pornographes pour cacher ce qu’ils font en réalité, d’encourager l’usage du mot « fantasme » à la place des véritables comportements qui se passent vraiment dans la vraie vie. Un fantasme est quelque chose qui se passe dans votre tête, ça ne sort pas de votre tête. Une fois que vous avez quelqu’un qui le réalise, même s’il s’agit d’une zone qui peut être dans votre tête, il s’agit bien d’un acte dans la réalité. C’est réel, c’est un comportement réel, avec de réelles conséquences sur des personnes réelles.

Et cela a été une idée brillante de la campagne de propagande des pornographes pour protéger la pornographie de définir cette industrie comme une industrie de fantasme.

Alors qu’en réalité, quand vous avez cette femme asiatique suspendue à un arbre, vous avez une vraie femme asiatique et elle est vraiment suspendue à un vrai arbre. Et ça n’a absolument rien à voir avec du fantasme. Cela a à voir avec des êtres humains à qui il arrive vraiment ce que nous voyons leur voir arriver.

Et je pense que, vous voyez, c’est simplement l’insulte la plus extraordinaire à la conscience humaine que de continuer à définir ces actes réels qui sont faits à des gens réels comme s’ils n’existaient que dans la tête du consommateur masculin. Et ce que cela signifie, c’est que sa tête (his head), sa psychologie (his psychology) est plus importante que sa vie (her life). »

Source (et vidéo avec Andrea Dworkin en anglais) : http://rememberresistdonotcomply.wordpress.com/2013/08/20/la-pornographie-une-violence-bien-reelle-vendue-comme-du-fantasme/

Posté par Miaramaou à 02:16 - Permalien [#]

11 septembre 2013

"L’invention masculine du mois : la pornographie philanthropique"

Ah qu’ils sont doués ces hommes. Je vous en parlais pas plus tard que la dernière fois, on a des idées lumineuses, mais le pire de tout ça, c’est qu’on les applique ! Loin de moi l’idée de nier un quelconque génie émanant de certains de mes congénères mais je me demande pourquoi aucun n’a pensé à inventer ce truc salutaire, cette petite conscience qui vous dirait « Non franchement arrête, t’es en train de faire de la merde ».


Sauf que voilà : ça existe pas. Donc depuis le mec qui s’est pris pour le fils de Dieu, jusqu’à ces fins personnages coupant les clitoris pour ne plus qu’ils existent (et dire qu’on se moque de l’autruche) on a fait un sacré paquet de conneries. Et comme la domination masculine est une source inépuisable d’inspiration, on va pas s’arrêter en si bon chemin.

De l’exploitation caritative

Y’a un mec,… mais genre un mec malin tout ça, tout ça. Il a dû se dire : y’a des gens, ça doit être un peu des militants dans l’âme – genre je file un peu à une association, je signe une pétition – mais pas non plus bézef, juste ce qu’il faut pour se sentir bien dans sa peau. Mais à côté de ça, les conditions des femmes, ils en ont un peu rien à foutre. Et c’est vrai, y’en a un paquet, je peux pas lui retirer. Seulement le moment où le p’tit robot, s’il existait, aurait dû lui dire « non, là, abstiens toi » c’est quand il décide de créer un site porno… caritatif. La vidéo vaut son pesant d’or.

Alors évidemment, le porno ça fait débat. J’en ferai pas tout un plat bien sûr. Y’a ceux qui parlent de libre choix, d’autres qui invoquent la clause artistique. Quoi qu’il en soit, une partie écrasante du porno reprend les archétypes de la domination masculine dans les rapports sociaux. Les femmes sont souvent infériorisées socialement, soumises, voire brutalisées. Bien souvent elles disent non, mais l’homme insistant lourdement elle finit par s’y résoudre : quelle leçon ! Comment s’étonner d’une culture du viol avec ça.

On s’en douterait mais le schéma sexuel est largement centré autour du plaisir masculin. Le fameux triptyque fellation/pénétration/éjaculation sur une partie de la femme, fait souvent office de règle générale. Bref, tout ça ne sent pas le progressisme à plein nez. Mais pire encore, le site met en avant le « sexcam », en gros une femme qui se tord dans tous les sens comme dans une cage, entourée (virtuellement pour le coup), d’un paquet de mecs qui se soulagent pour l’occasion. Bref, une femme réduite en bête de foire, et une sacrée boule au ventre quand on est féministe.

Bref, déguiser cette exploitation derrière les dons à des associations, c’est quand même une sacrée hypocrisie. C’est comme si un site raciste proposait de faire un don au Planning Familial. Je sais pas pour vous mais moi j’aurais quelques doutes sur ses valeurs (euphémisme – Oui maintenant je fais un guide parce que certains ne saisissent pas toutes les figurent de style de ce blog).

Allons plus loin

Au fond, ce qui me dérange le plus, c’est pas qu’un illuminé ait eu cette idée. C’est que son truc, ça peut éventuellement fonctionner. Alors j’ai pas fait d’étude de marché, mais je vois un bon paquet d’abrutis, toutes tendances confondues qui, une fois le mouchoir plein, auront l’impression d’avoir fait une bonne action. Si c’est pas magnifique la vie.

Alors j’ai un pote qui me dit : « La prochaine fois ils feront ça à des prostituées ». Improbable ? Pas tant que ça : régularisation de la prostitution, quelques maisons closes et une concurrence féroce comme en connaissent quelques pays. En plus de tirer les conditions de travail vers le bas, ça peut bien créer des concepts originaux. Après Gauche-Rencontre et Benevidz, découvrez gauche-prostituée. Vous payez 30 euros votre gâterie ? 2 euros sont reversés pour faire un puits en Afrique ou soigner les pandas. (Quoi ? Non j’ai rien contre les pandas. Enfin, avouez qu’ils sont énervants… Non ?)

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Tout ça pour dire que :

◦Le caritatif se fout parfois (on me souffle "toujours") bien de la gueule du monde.
◦Qu’on a beau avoir le cœur sur la main, on n’en est pas pour autant féministe.
C’est à croire qu’il faudrait rappeler que les femmes sont des êtres humains…

(Romain Jammes)

Source : http://lartetlamaniere.wordpress.com/2013/09/11/linvention-masculine-du-mois-la-pornographie-philanthropique/

Posté par Miaramaou à 22:38 - Permalien [#]

19 juillet 2013

"Les jeunes filles veulent un corps imberbe"

Quatre filles sur cinq veulent changer quelque chose à leur corps et plus de la moitié entament un régime avant l’été par peur du bourrelet malheureux et de la fesse molle sur la plage. Intransigeantes, elles voudraient un corps, mince mais galbé, imberbe, inspiré des actrices de films porno...

Introduction d'un article qui évoque les diktats - pornographiques notamment - auxquels de plus en plus de jeunes femmes semblent souscrire.

Posté par Miaramaou à 23:58 - Permalien [#]

19 avril 2013

Pornographie : "Ça fait mal, tellement mal" ou pourquoi certaines femmes ne veulent pas savoir (Robert Jensen)

Veuillez trouver ici un extrait du livre de Robert Jensen ainsi que quelques liens qui pourront nourrir vos réflexions.

Bien cordialement. ;)

Posté par Miaramaou à 00:55 - Permalien [#]