Porno sexiste : assez !!!

Réflexions et écrits autour de cette pornographie contemporaine misogyne et commerciale qui pollue les esprits et bafoue la dignité humaine tout en se gavant de ses recettes financières basées sur l'aliénation et l'exploitation.

10 août 2009

La pornographie, une hypocrisie organisée

Comment la loi X a introduit une scission entre cinéma castré et cinéma porno et ce qui en découle

L'éducation sexuelle n'est pas assurée par l'école et rarement dans les familles, résultat : elle se fait par la pornographie : un conditionnement des fantasmes.

Mais surtout le problème, c'est qu'il y a une scission, une coupure entre d'une part des films ordinaires dans lesquels les scènes de sexe sont toujours châtrées et d'autre part des films classés X où on ne voit que des organes en action sans le reste (la vie, l'amour...).

C'est cette séparation qui est en elle-même la plus néfaste pour notamment les jeunes, qui à défaut d'une éducation sexuelle digne de se nom, s'"éduquent" par la pornographie.

Or cette séparation n'est pas un hasard ; elle est le résultat, en France, de la loi "X" (loi 75-1278 du 31 décembre 1975 articles 11 & 12) qui a mortellement taxé les films où apparaissent des organes génitaux en état de fonctionnement (une simple érection classifie le film dans la catégorie X).

La loi "X" a tué dans l'oeuf toute velléité de faire des films ordinaires (et donc aussi des films de qualité) qui montrent la sexualité. D'une pornographie qui pouvait au départ avoir des accents libertaires et subversifs nous sommes très vite passés à une pornographie fascisante, marchande (dont les énormes profits vont aux mafias qui la contrôlent pour l'essentiel - et à l'Etat via les taxes).
Après plus de 30 ans cette loi n'a jamais été révisée : ceci résulte d'un choix politique.

Le puritanisme consiste à penser qu'il n'y a de sexualité que pornographique. Et c'est justement le point de vue de cette loi ; loi qui par son application construit la réalité qui permet de justifier cette conception morale répressive. En effet d'une part elle classe dans la catégorie pornographie toute représentation explicite de la sexualité et d'autre part, par le biais de la censure économique, elle détruit toute possibilité d'expression autre que la pornographie marchande.

La pornographie, gardienne de l'ordre social répressif


La pornographie est un outil de la reproduction idéologique car elle donne l'illusion que notre société est sexuellement libérée, qu'il n'y a plus de tabou en matière de sexualité. Elle masque la répression sexuelle réelle (et la misère sexuelle qui en découle) et donc, ne la percevant plus consciemment, les gens ne peuvent s'y opposer.

Par exemple il règne dans notre société les plus grands tabous en ce qui concerne les rapports des enfants avec la sexualité.

La pornographie, enterrement de la sexualité


La pornographie dominante montre des sexes "débarrassés" de toute sensualité, de tout désir, sans amour et sans plaisir. Les corps exposés sont des objets manipulés, écartelés, morcelés, démontés. La pornographie est une forme particulièrement aboutie du spectacle de la marchandise (au sens de Guy Debord) ; elle est parfaitement en phase avec les images médiatiques produites par notre société. Le porno montre pour mieux masquer, l'image pornographique rend aveugle à la sexualité.

La pornographie dominante est un spectacle morbide, s'opposant totalement à la sexualité qui est pulsion de vie.

Notre analyse vaut indépendamment des dérives ultra-violentes de la pornographie contemporaine. (Sur ce sujet voir par exemple la présentation d'une émission sur le site de France Culture.)

Notre critique de la pornographie est aux antipodes de celle qu'en font les pudibonds qui eux rejettent en fait la sexualité (ou l'idéalisent de façon mystique ce qui revient au-même).

Page web complète : http://ecologielibidinale.org/fr/miel-porno-fr.htm

Posté par Miaramaou à 03:31 - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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